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Le magicien joue avec la lumière Le soleil et les ombres dansent sur les façades. Lisbonne est célèbre pour son extraordinaire lumière. Les cuisines équipées d’appareils Gaggenau constituent l’espace de communication à l’intérieur des appartements. Carlos Gonçalves restait assis des jours dans les jardins des alentours, orientés vers le sud, vers le fl euve. « J’observais la lumière du matin au soir, les jours de pluie et de soleil, pour savoir comment elle se réfracte, comment elle change, si les bâtiments alentours jettent des ombres et comment celles-ci progressent sur les murs. » Ensuite, il monte sur les toits rouges où il découvre et redécouvre l’élégant quartier de Restelo-Belém, à cinq minutes de là, le Centro Cultural ultramoderne de Belém, construit avec les mêmes pierres que le monastère des Hiéronymites qui lui fait face et que la tour de Belém, sentinelle et réalisation emblématique de Lisbonne. Le quartier fut épargné par le terrible tremblement de terre de 1755. « Depuis cette catastrophe, Restelo-Belém est le quartier préféré des personnes fortunées, des aristocrates et des diplomates. La largeur du Tage y est impressionnante. Dans le lointain, la ville blanche s’étage jusqu’au sommet de ses sept collines. Carlos Gonçalves se tourne vers le nord : le parc Monsanto s’étend jusqu’à l’horizon. Il est planté de pins méditerranéens mais aussi de vieux arbres en provenance des anciennes colonies. La nuit tombe peu à peu sur Lisbonne. La lune se refl ète dans les eaux du Tage qui brillent. Fabuleux ! « C’est le plus bel endroit de la ville pour construire une résidence de grand standing. » L’architecte en est convaincu. De retour à son atelier, il ne s’assoit pas devant sa planche à dessin. « Je ne l’utilise pratiquement pas. » Il ne réalise pas de plans non plus. Il se met à peindre tout simplement sur une grande surface blanche ; il commence par intégrer dans le projet River Houses les impressions qu’il a glanées – lumière, couleurs, matières, emplacement, corps du bâtiment… C’est un artiste, un virtuose, un magicien qui, par la perspective, transforme la lumière, la pierre et le verre en une structure changeante. Le fl euve, les paysages, l’urbanité aussi sont pris en compte. Il n’y a pas de transition entre la forme extérieure du bâtiment et les parties intérieures, conçues à la façon d’un tout. C’est un archéologue qui met au jour les strates, un poète qui se passionne pour la notion de « pièce », pour qui les murs ne sont jamais blancs en raison du dialogue ininterrompu et changeant de la lumière et des ombres. Tous les jours pendant deux ans, Carlos Gonçalves est sur le chantier. « J’avais la chance de connaître personnellement quelques-uns des acheteurs. Nous pouvions ainsi développer en commun certaines idées. J’ai conçu les autres appartements comme s’ils m’étaient destinés à moi et à mes meilleurs amis. » Les River Houses, ce sont aujourd’hui quatre bâtiments avec 14 vastes appartements baignés de lumière. On a pu entièrement intégrer la merveilleuse façade donnant sur la Rua Pedrouços. Un vieux palais a été énucléé. Deux nouveaux immeubles ont été construits. « Dès que la porte côté rue se referme, on est dans un autre monde », estime-t-il. La clarté des lignes et des perspectives fait penser à l’architecture du Bauhaus. Des espaces verts vallonnés et un éclairage pop art mais aussi des lampadaires dans les pièces sur jardin adoucissent ce qui peut paraître austère. « Notre quotidien est suffi samment chaotique », dit-il. « Les gens voyagent rien que pour éprouver la sensation du temps. D’un temps qui tranche avec le quotidien. Ici, c’est une machine à remonter le temps qui vous transporte là où tout n’est que calme et détente. » Le mieux, c’est de se rendre sur la terrasse inondée de lumière et de s’asseoir sous la pergola pour lire et « de ne plus rien prévoir pour le reste de la journée, de s’immerger tout simplement dans cette qualité magique du temps et de laisser son regard vagabonder. » Le soleil fait briller les carreaux de faïence verts des deux nouveaux bâtiments du complexe, évocateurs de l’agréable fraîcheur des eaux du fl euve. « J’ai eu la chance de pouvoir utiliser uniquement les meilleurs matériaux. » Du Jatoba, une essence d’une extrême fi nesse habituellement employée dans la construction navale. Il en a fait des parquets. D’immenses plaques de marbre en provenance des meilleures carrières portugaises. Du marbre, couleur terre, dans les tons de gris et d’un noir absolu. Des pièces aveugles, au milieu des appartements, ont été dotées de bandes lumineuses. Avec élégance, Carlos Gonçalves résout les problèmes d’obscurité. Il fait entrer en cascade la lumière du jour qui s’accroche aux escaliers, du troisième étage à la cave. La transition entre les murs et les doubles plafonds est masquée par un trait de lumière, une nouvelle ligne d’horizon en quelque sorte. Carlos Gonçalves adore être à ses fourneaux. Il a pensé les cuisines jusque dans les moindres détails et les a entièrement équipées d’appareils Gaggenau. « Je voulais que l’on puisse faire le tour du bloc avec table de cuisson induction. » On a ainsi tout à portée de la main, les plus petits ustensiles de cuisine mais aussi le combiné réfrigérateur-congélateur, le lavevaisselle et le micro-ondes. Pour lui, la cuisine est un espace de communication à intégrer dans l’habitat. « D’ici, on voit la salle de séjour et, par la porte coulissante qui est vitrée du sol au plafond, le regard porte jusqu’au milieu du jardin. » Il a créé un ensemble exceptionnel. « Un petit paradis avec des pièces qui respirent. » Une approche architecturale de l’espace qui a sa propre poésie, des couleurs et un rythme qui n’appartiennent qu’à lui. Carlos Gonçalves est un magicien de la lumière. Un explorateur du passé qu’il fait revivre au présent, continuant ainsi à écrire l’histoire de ce lieu, quelque part entre les arbres magiques de Monsanto, le Mont Saint de Lisbonne, ville blanche, et le Tage. ¤ Complément d’information www.aacg.pt Projects 47

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