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« Le matin, les joggers viennent y lire le journal. D’autres, munis de leur ordinateur portable, travaillent. Le soir, place aux échanges artistiques et intellectuels ! » le tout disposé en diagonale dans plusieurs directions. En 2009, le bureau d’architecture japonais SANAA a fasciné avec une construction en aluminium toute en légèreté, fl ottant, telle un nuage, au-dessus de Hyde Park tandis que celle, rouge écarlate, de Jean Nouvel, en 2010, associait l’acier, le plastique et le tissé, dessinant, dynamique, un angle à 45 degrés avec le sol. De nationalité suisse, Hans Ulrich Obrist, historien d’art, commissaire d’expositions et, depuis 2006, co-directeur de la galerie, a voulu que les manifestations proposées en soirée soient des « expériences intellectuelles ». A la façon d’un marathon, une série d’entretiens publics enchaîne exposés, débats et performances. Et le non moins populaire « sleep over » : dans le pavillon, les visiteurs peuvent explorer avec des artistes et des musiciens « les paramètres psychédéliques de l’insomnie ». Dans les pavillons, comme aime à le raconter Hans Ulrich Obrist, le spectacle n’est jamais le même. « Le matin, les joggers viennent y lire le journal. Plus tard, les gens s’y arrêtent pour déjeuner. D’autres, munis de leur ordinateur portable, y travaillent, silencieux. Le soir, place aux échanges artistiques et intellectuels ! Nos pavillons comptent parmi les endroits les plus fréquentés de Londres en été. » A l’automne, les pavillon sont vendus. « Le produit de la vente couvre 40 % de nos frais », confi rme la galerie. Le pavillon conçu par Zaha Hadid en 2000 a été acheté par la Royal Shakespeare Company et jusqu’en 2004 – il a alors été cédé à un parc de loisirs – a servi de résidence d’été pour des lectures et des workshops devant le théâtre de la compagnie à Stratford-upon-Avon. D’autres pavillons ont été installés dans le jardin de collectionneurs dont la galerie tait les noms. On sait seulement que trois d’entre eux sont désormais la propriété d’un seul et même collectionneur. L’architecture devient ainsi objet de collection. Peter Zumthor s’en étonne. « L’espace construit est un objet d’usage courant », dit-il, lucide. « Un toit au-dessus de la tête pour protéger de la pluie ». De telles remarques pleines de bon sens ont fait de lui un personnage haut en couleur. Né à Bâle en 1943, il a commencé sa carrière professionnelle en tant qu’ébéniste. Chacun de ses nouveaux projets se distingue par la précision des détails, la perfection du travail artisanal, l’interaction pertinente de la topographie, des matières, de la forme et de la lumière. « Je suis toujours inspiré par un endroit », dit ce puriste souvent récompensé. « Quand le donneur d’ordres a vraiment envie de créer quelque chose de particulier, on obtient une architecture qui, bien au-delà de la forme et la construction, a un rapport sensuel avec la vie », précise-t-il. Il ne dit qu’une chose à propos du pavillon qui sera installé à partir de juillet à Hyde Park : « Imaginez un gamin qui réalise ses rêves. Il examine l’endroit, réfl échit à ce dont il a besoin et fait de son mieux. » ¤ Complément d’information www.serpentinegallery.org Hans Ulrich Obrist Thinking the Future IV 57

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